Oh, Amy.

Non que j'accorde grand crédit aux Oscars, mais qu'Amy remporte celui du meilleur documentaire... Ah, j'imagine qu'on présente celui-ci comme un "hommage à une grande artiste qui nous a quitté trop jeune", mais ça ne présage rien de bon pour l'avenir du documentaire musical, du documentaire tout court, et de l'escalade putassière que celui-ci nous réserve. Cet oscar, et je parle en tant qu'aficionado de l'intéressée, c'est la consécration du documentaire-tabloïd, c'est à dire du documentaire à l'ére Facebook: un film racoleur, précurseur de par le non-respect de son sujet. Un film que j'ai eu honte de regarder à plusieurs reprises, tellement il me montrait des choses qui ne me regardaient pas. A base de vidéos intimes, de messages sur des répondeurs et d’une invasion de la vie privée qu'il a le culot de "dénoncer" quand il dépeint le harcèlement des paparazzis rosbifs (bien connus pour leur délicatesse), Amy est un documentaire sur une chanteuse qui, contrairement à ses prédécesseurs dans le "Club des 27" (Cobain, Joplin, Hendrix, Morrison & co), aura eu le malheur d'être une enfant du 21ème siècle... Et d'avoir, en tant que telle, eue sa vie entière filmée, enregistrée, documentée par ses amis, ses parents, quand ce n'était pas par elle-même. Pauvre Amy, et vivement le documentaire exclusif, 100%-vidéos-de-vacances, qui sortira à la mort de Pynchon, qu'on est pressé de voir en short sur la plage.

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